Le site de votre santé sexuelle et de vos droits sexuels

Les chroniques de Magali Croset-Calisto

Cancer, amour et sexualité

Article publié dans le Magazine ACTIVES, octobre 2014,
rubrique « Sexo by Calisto »

rubans roses
rubans roses

Par Magali Croset

Les personnes atteintes d’un cancer savent à quel point il est difficile de maintenir une existence quotidienne « normale » lorsque la maladie s’installe.

Outre la fatigue, la baisse de moral et les troubles nombreux, la maladie affecte aussi l’intimité et le cadre familial des personnes concernées. Et contrairement aux idées reçues, l’amour et la sexualité ont un rôle à jouer.

Parce que le cancer ne touche pas uniquement le corps mais aussi l’esprit, les professionnels de la santé proposent peu à peu des prises en charge psycho-sexologiques pour combattre la maladie. Depuis deux ans, plusieurs études ont révélé l’importance bénéfique des gestes de tendresse et d’intimité pour contrer les effets délétères d’un cancer. Dernièrement, la première consultation en sexologie dédiée spécifiquement aux personnes souffrant d’un cancer a été mise en place (CHU du Mans). C’est un début.

Les effets de la maladie sur le corps
Lorsque la maladie s’installe, le corps subit des transformations majeures qui agissent directement sur le désir et la sexualité. Qu’il s’agisse d’un cancer de la prostate, du sein, de l’utérus ou autre, le corps s’en trouve indéniablement chamboulé. Chute de cheveux, troubles du sommeil, changements hormonaux, perte de libido… autant de conséquences qui peuvent affecter l’image de soi et mettre en péril le couple. Le corps est fatigué, la mécanique altérée. Une distance entre les partenaires peut parfois s’installer.

Les effets de la maladie sur l’esprit
Les conséquences d’un cancer sur le moral ne sont pas simples à vivre non plus. Déprime, peur, sentiment d’impuissance, perte de confiance vont souvent de pair avec la maladie. En matière d’intimité, la majorité des patients constate une chute du désir sexuel. De même, la tendresse et les gestes d’amour ont tendance à se raréfier. L’esprit n’y est plus. Pourtant, bon nombre d’études prouvent que l’amour et la sexualité mettent en place des résistances positives face à la maladie.

L’amour pendant et après un cancer : un allié de vie
Avant toute chose, n’hésitez pas à poser toutes les questions qui vous préoccupent car il est essentiel d’être bien informé. Dans le cas du cancer de la prostate par exemple, des médicaments, des injections intra-caverneuses ou pompes à érection (vacuum) permettent de pallier les dysfonctions érectiles. Pour le cancer du sein, la chirurgie réparatrice redonne souvent confiance aux femmes. L’intimité du couple pendant et après un cancer est une question qui demeure trop souvent tabou alors que l’amour et la sexualité sont de véritables moteurs de vie. Dans la mesure du possible, il est donc important de conserver un lien avec ses fantasmes, ses désirs ainsi qu’avec l’être aimé. Tendres baisers, mots doux, massages partagés, sont autant de petites choses qui maintiennent une relation de couple et l’estime de soi. Le partage des ressentis, des émotions mais aussi des craintes nécessite d’être énoncé. Si le couple ne communique pas, le conjoint aura du mal à comprendre ce qui se passe et la personne malade pourra se sentir isolée. N’hésitez pas à consulter un spécialiste le cas échéant, il pourra vous conseiller. On le sait, aimer fait du bien et stimule le système immunitaire. C’est pourquoi, lors d’une maladie, l’amour et la sexualité - aussi discrets soient-ils - ont un rôle à jouer. Penser à entretenir les liens affectifs durant la maladie, c’est avant tout maintenir des liens avec soi-même, son partenaire et avec la vie.

Les règles de protection contre le coronavirus en Suisse
Les règles de protection contre le coronavirus en Suisse

Le COVID-19 ne se transmet pas par rapports sexuels, mais...

Publié le 15 Juin 2020
image

... avoir des relations intimes avec une personne contaminée par le coronavirus constitue un risque, sachant qu'il se transmet à travers les gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou par la bouche lors de toux ou éternuement. Evitez donc les relations sexuelles avec un-e- partenaire inconnu-e.

Lire la suite

Le virus présent dans les sécrétions respiratoires peut donc se transmettre par des baisers (de bouche à bouche, ou sur la peau) donnés "par" ou "à" un·e partenaire infecté·e ou par des caresses manuelles. Même les simples gestes de tendresse doivent donc être réfléchis – des réflexes certes pas simples à acquérir.

Entre peurs et bon sens

Parmi les nombreuses questions du public sur les risque de transmission du COVID-19, celle sur le risque de contamination lors de relations sexuelles est moins mise en évidence, et plus rare. Peut-être parce qu'elle participe du simple bon sens.

Mais lorsqu'un certain nombre de personnes dans la population cède à la peur, voire à la panique, il est bon de rappeler même les évidences: étant donné que le virus se transmet par les gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou par la bouche, embrasser ou être embrassé sur la bouche par une personne porteuse du virus constitue un fort risque d'infection, tout comme l'échange de caresses, les mains étant un autre vecteur de transmission. Et cela peut arriver aussi lors de rapports sexuels, lorsque les baisers ou caresses sont prodigués sur la peau – car la personne ainsi embrassée ou caressée risque de toucher la zone de son corps à cet endroit et de mettre la main à la bouche – l'un des gestes fréquemment responsables de la transmission du coronavirus. Quant aux relations sexuelles occasionnelles, avec des partenaires inconnu-e-s, il est fortement recommandé de les éviter en ces temps de pandémie.

Pas une infection sexuellement transmissible

Cela dit, le COVID-19 n'est pas une infection sexuellement transmissible (IST). Celles-ci se transmettent en effet principalement lors de relations sexuelles sans préservatif, notamment: lors de pénétrations vaginale et anale, de fellations, de caresses ou masturbation sexe contre sexe, ou de caresses buccogénitales (cunnilingus) ou bucco-anales. Le simple contact entre muqueuses génitales et/ou buccales peut également transmettre une IST. Une autre voie de contamination étant la transfusion sanguine.

N'oublions pas de nous protéger contre les IST

Malgré les connaissances approfondies de ces maladies et les messages et mesures de prévention, chaque jour, plus d’un million de personnes contractent une infection sexuellement transmissible (IST). On est loin des statistiques du COVID-19, même si elles vont en croissant.

A ce jour, une trentaine de virus, parasites ou bactéries sexuellement transmissibles sont connus, et huit de ces agents pathogènes sont les responsables principaux d'IST.

Quatre d'entre elles peuvent être guéries:
- la chlamydiose,
- la trichomonase,
- la gonorrhée,
- la syphilis.

Quatre autres constituent des infections incurables:

- l'hépatite B,

- l'herpès (HSV),

- le VIH (sida),

- le papillomavirus humain (HPV).}

Conséquences graves sur la santé

Comme le rappelle l'organisation mondiale de la santé (OMS), les infections sexuellement transmissibles peuvent avoir de graves conséquences à plusieurs niveaux et touchent un grand nombre de personnes, avec de nombreuses nouvelles infections.

Voici quelques statistiques données par l'OMS, bon à rappeler:

"• On estime que, chaque année, 357 millions de personnes contractent l’une des quatre IST suivantes : chlamydiose, gonorrhée, syphilis ou trichomonase.
• Plus de 500 millions de personnes sont atteintes du virus responsable de l’herpès génital (HSV2).
• Plus de 290 millions de femmes souffrent d’une infection à papillomavirus humain (VPH).
• Dans la majorité des cas, les infections sexuellement transmissibles sont asymptomatiques ou s’accompagnent de symptômes bénins qui ne sont pas reconnus comme ceux d’une IST.
• Les infections comme l’herpès génital (HSV de type 2) et la syphilis augmentent le risque de contracter le VIH.
• Plus de 900 000 femmes enceintes ont été infectées par la syphilis en 2012 ce qui a provoqué des complications dans 350 000 cas pouvant aller jusqu’à des mortnaissances.
• Dans certains cas, les IST peuvent avoir de graves conséquences sur la santé reproductive allant au-delà des conséquences immédiates, telles que la stérilité, ou la transmission des infections de la mère à l’enfant."

De terribles chiffres, sachant que dans la plupart des cas on peut éviter ces contaminations, en ayant des rapports sexuels protégés avec des partenaires dont on ignore l'état de santé, en étant vacciné contre les deux infections non curables pour lesquelles on dispose de vaccins: l’hépatite B (incurable) et l’infection à VPH.

Comme le rappelle l'OMS, "le vaccin contre l’hépatite B figure dans les programmes de vaccination du nourrisson de 93% des pays. Il a déjà permis d’éviter quelque 1,3 million de décès imputables à une maladie chronique du foie ou au cancer."

Manque de moyens pour l'éducation sexuelle et la prévention des IST, tabous, manque d'informations, dépistage lacunaire, vaccinations insuffisantes, ignorance de l'état de santé du partenaire - à qui on n'ose pas demander s'il est porteur d'une IST - sont quelques unes des raisons de cet état de fait.

Pour en savoir plus, consultez le site de l'OMS consacré aux infections sexuellement transmissibles, et renseignez-vous auprès de votre médecin traitant et/ou – pour les jeunes filles et femmes – de votre gynécologue.

Ellen Weigand
Sources: site de l'OFSP, site de l'OMS.

Sur le même sujet, lisez également l'article "L'amour aux temps du Covid-19" sur Slate.fr

image

Chacun doit pouvoir choisir sa contraception

video

SANTÉ SEXUELLE SUISSE a rendu rend public le rapport du projet et lancé un spot vidéo à l'occasion de la Journée mondiale de la contraception du 26 septembre. SSCH appelle les politiques à agir : tout le monde, y compris les personnes avec peu de moyens, devrait pouvoir décider librement de sa contraception.
Source: YouTube SSCH, 22.09.2020
Communiqué de presse de SSCH


Le site du mois

InterAction – l'association suisse pour les intersexes

Homepage InterActif.ch - capture d'écran
Homepage InterActif.ch - capture d'écran

07/10/2020 – Créée le 26 octobre 2017, InterAction est une association suisse ouverte "à tout le monde (intersexe, en questionnement, parent-e-s, ami-e-s, allié-e-s)."

AVERTISSEMENT

Les informations médicales figurant sur ce site ont pour objectif d'informer et ne remplacent pas la relation entre un·e patient·e et sa/son médecin.
En cas de problème ou trouble sexuel persistant, ou d'un autre problème de santé, veuillez consulter un·e médecin!


Toutes les informations figurant sur ce site sont rédigées par Ellen Weigand.

Pour l'heure, il s'agit d'une activité bénévole, ce qui ne permet pas de toujours suivre l'actualité de près.

Nous organisons vos conférences et formations en Suisse

Vous êtes un professionnel de la santé sexuelle et de la sexualité et souhaitez intervenir en Suisse romande?

Nous organisons vos évènements pour vous.

Contact et informations

image
video

Ma sexualité - des livres toujours d'actualité

Couverture "Ma sexualité (femme)
Couverture "Ma sexualité (femme)
Couverture "Ma sexualité (homme)
Couverture "Ma sexualité (homme)
image

Les troubles sexuels féminins et masculins

Suivez-nous aussi sur:

MA SEXUALITE SOUTIENT

Love Live

LOVELIFE
LOVELIFE

«D'abord oui, ensuite oh ouiii»

Si vous souhaitez aussi signer la pétition d'Amnesty International Suisse
"Pas de rapport sexuel sans consentement mutuel" et participer à la lutte contre les violences sexuelles, cliquez sur l'image.

image
Soutenez l'UNICEF
Soutenez l'UNICEF
image

Collaborons!

Des commentaires? Des questions? Des suggestions? Une envie de collaboration ou de devenir partenaire de ce site? Alors n'hésitez pas à nous .

image
Soutenez la Ligue pulmonaire
Soutenez la Ligue pulmonaire
WebForge