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Troubles sexuels masculins

DIFFICULTÉS SEXUELLES MASCULINES
DIFFICULTÉS SEXUELLES MASCULINES

Ejaculation prématurée ou éjaculation précoce

Une définition complexe

Il n’est pas simple de définir clairement quand une éjaculation est prématurée, et le facteur temps n’est pas le seul élément décisif pour poser ce diagnostic. Ainsi, même la plus récente des définitions d’experts, plus proche de la réalité, reste imparfaite. Explications avec un spécialiste.

On estime que l’éjaculation précoce est le trouble sexuel masculin le plus fréquent, devant la dysfonction érectile. Dans une enquête menée en France en 2013, il était ainsi fait état d’un homme hétérosexuel sur deux ayant déclaré avoir été confronté à un problème d’éjaculation prématurée une fois ou l’autre.

Trouble souvent permanent

Et un homme sur trois disait y être confronté de façon permanente. Cette dysfonction provoque souvent une importante souffrance chez celui qui en est atteint et chez sa partenaire. Toutefois, comme c’est également ressenti comme une mise en question de leur virilité et de leurs performances sexuelles par un grand nombre de personnes, le sujet reste tabou – honteux, l’homme n’ose en parler. Trop fréquemment encore, les hommes concernés ne vont ainsi pas consulter. Et un homme sur deux seulement en discute ouvertement avec sa partenaire.

A lire aussi

La détresse des femmes ayant un partenaire éjaculateur précoce

08/06/2014 – Une enquête internationale, publiée fin avril, menée notamment par des chercheurs de l’Université de Zurich, de l’Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines, montre la corrélation entre la détresse sexuelle vécue par les femmes et le trouble de l'éjaculation précoce de leur partenaire.

Notion de durée subjective

Dans tous les cas, connaître précisément la prévalence du trouble de l’éjaculation prématurée n’est pas aisé. En effet, pour déterminer si un homme en souffre bel et bien, encore faut-il clairement définir ce concept : à partir de quel laps de temps est-on éjaculateur précoce ? Et comment savoir quel est le temps «suffisant» avant d’éjaculer?

Les principaux concernés eux-mêmes ont des avis fort divergents sur la question. «Ce qui semble une durée normale pour les uns, sera considéré comme trop court ou trop long par les autres», commente le Pr Francesco Bianchi-Demicheli, responsable de la consultation de gynécologie psychosomatique et de médecine sexuelle, et médecin adjoint agrégé au sein du Département de gynécologie obstétrique des HUG (Hôpitaux universitaires genevois).

«Si l’éjaculation prématurée est médicalement reconnue comme syndrome depuis plus d’un siècle, ses définitions ont évolué avec le temps et grâce à l’acquisition de nouvelles connaissances en la matière, raconte le sexologue. Mais souvent, elles manquaient de véritables critères scientifiques, d’où certaines confusions.»

Dernière définition revue

L'International Society of Sexual Medicine (Société internationale de médecine sexuelle - ISSM), la référence en la matière, a donc proposé une nouvelle définition, basée sur des observations cliniques, publiées fin mai 2014 dans Sexual Medecine et Journal of Sexual Medecine. Cela afin de permettre un meilleur diagnostic de cette dysfonction sexuelle.

Les spécialistes ont ainsi défini :

  • Pour la forme primaire (présente dès la première expérience sexuelle) de l’éjaculation prématurée: une dysfonction sexuelle masculine, caractérisée par une éjaculation survenant toujours ou presque toujours avant ou en environ une minute de pénétration vaginale.

OU

  • Pour la forme secondaire (acquise après une sexualité sans problème): une réduction cliniquement significative du temps de latence éjaculatoire, souvent avant ou en 3 minutes de pénétration vaginale.

ET

  • L’incapacité de contrôler, retarder l’éjaculation pendant toutes ou presque toutes les pénétrations.

AINSI QUE

  • Des conséquences négatives personnelles pour l’homme, telles une souffrance personnelle, une crainte, une frustration et/ou l’évitement de l’intimité sexuelle.

Définition réductrice

Le Pr Bianchi-Demicheli commente ainsi cette dernière-née des définitions de l’éjaculation prématurée : «Elle tient compte d’une certaine durée – jusqu’à 3 minutes pour le trouble secondaire. Mais cela exclut les autres éléments, importants, impliqués dans cette dysfonction, ainsi que les hommes dont l’éjaculation a lieu plusieurs minutes, voire bien plus longtemps après la pénétration, et qui s’estiment tout de même précoces et sans un bon contrôle sur leur éjaculation. A l’inverse, un certain nombre d’hommes éjaculent avant ce laps de temps tout en estimant bien se maîtriser.»

«Dans certains pays ou cultures éjaculer rapidement est plutôt un signe de virilité. Cette subjectivité de la notion de durée a d’ailleurs été révélée dans diverses enquêtes et tests chronométrés auprès de milliers d’hommes», note le médecin sexologue. «De plus, poursuit-il, la nouvelle définition de l’ISSM implique qu’il y ait pénétration et qu’elle soit vaginale. Ce qui exclut d’emblée d’autres éléments du contexte du rapport sexuel influant sur l’éjaculation – avec sa partenaire, une autre femme, en se masturbant, ou avec d’autres formes d’activité ou pratique sexuelle – tout comme les rapports homosexuels.»

Trois facteurs de diagnostic

Pour le Pr Bianchi-Demicheli et une série d’autres experts, aujourd’hui, les trois piliers pour poser clairement le diagnostic d’éjaculation prématurée devraient donc être :

  • 1) Une courte latence d’éjaculation (1 minute ou moins pour le trouble primaire, 3 minutes ou moins si le trouble est acquis).
  • 2) La perception d’un clair manque de contrôle ou l’incapacité de retarder l’éjaculation.
  • 3) La souffrance personnelle significative et les difficultés interpersonnelles engendrées chez l’homme et/ou sa partenaire liées au trouble.

Une maladie qui se soigne

Quel que soit votre problème d’éjaculation, n’hésitez pas à consulter un spécialiste (urologue, médecin sexologue) si cela vous préoccupe, ou lorsque cela se répète pendant quelques mois ou à chaque rapport sexuel. Car il ne s’agit pas d’un manque de performance, mais d’une maladie et qui peut être soignée. Avec les traitements actuels (médicaments, sexothérapies, etc.) à disposition, les résultats thérapeutiques sont ainsi très satisfaisants.

(dernière mise à jour 18.06.2020)

© Ellen Weigand, www.masexualite.ch

Les règles de protection contre le coronavirus en Suisse
Les règles de protection contre le coronavirus en Suisse

Le COVID-19 ne se transmet pas par rapports sexuels, mais...

Publié le 15 Juin 2020
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... avoir des relations intimes avec une personne contaminée par le coronavirus constitue un risque, sachant qu'il se transmet à travers les gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou par la bouche lors de toux ou éternuement. Evitez donc les relations sexuelles avec un-e- partenaire inconnu-e.

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Le virus présent dans les sécrétions respiratoires peut donc se transmettre par des baisers (de bouche à bouche, ou sur la peau) donnés "par" ou "à" un·e partenaire infecté·e ou par des caresses manuelles. Même les simples gestes de tendresse doivent donc être réfléchis – des réflexes certes pas simples à acquérir.

Entre peurs et bon sens

Parmi les nombreuses questions du public sur les risque de transmission du COVID-19, celle sur le risque de contamination lors de relations sexuelles est moins mise en évidence, et plus rare. Peut-être parce qu'elle participe du simple bon sens.

Mais lorsqu'un certain nombre de personnes dans la population cède à la peur, voire à la panique, il est bon de rappeler même les évidences: étant donné que le virus se transmet par les gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou par la bouche, embrasser ou être embrassé sur la bouche par une personne porteuse du virus constitue un fort risque d'infection, tout comme l'échange de caresses, les mains étant un autre vecteur de transmission. Et cela peut arriver aussi lors de rapports sexuels, lorsque les baisers ou caresses sont prodigués sur la peau – car la personne ainsi embrassée ou caressée risque de toucher la zone de son corps à cet endroit et de mettre la main à la bouche – l'un des gestes fréquemment responsables de la transmission du coronavirus. Quant aux relations sexuelles occasionnelles, avec des partenaires inconnu-e-s, il est fortement recommandé de les éviter en ces temps de pandémie.

Pas une infection sexuellement transmissible

Cela dit, le COVID-19 n'est pas une infection sexuellement transmissible (IST). Celles-ci se transmettent en effet principalement lors de relations sexuelles sans préservatif, notamment: lors de pénétrations vaginale et anale, de fellations, de caresses ou masturbation sexe contre sexe, ou de caresses buccogénitales (cunnilingus) ou bucco-anales. Le simple contact entre muqueuses génitales et/ou buccales peut également transmettre une IST. Une autre voie de contamination étant la transfusion sanguine.

N'oublions pas de nous protéger contre les IST

Malgré les connaissances approfondies de ces maladies et les messages et mesures de prévention, chaque jour, plus d’un million de personnes contractent une infection sexuellement transmissible (IST). On est loin des statistiques du COVID-19, même si elles vont en croissant.

A ce jour, une trentaine de virus, parasites ou bactéries sexuellement transmissibles sont connus, et huit de ces agents pathogènes sont les responsables principaux d'IST.

Quatre d'entre elles peuvent être guéries:
- la chlamydiose,
- la trichomonase,
- la gonorrhée,
- la syphilis.

Quatre autres constituent des infections incurables:

- l'hépatite B,

- l'herpès (HSV),

- le VIH (sida),

- le papillomavirus humain (HPV).}

Conséquences graves sur la santé

Comme le rappelle l'organisation mondiale de la santé (OMS), les infections sexuellement transmissibles peuvent avoir de graves conséquences à plusieurs niveaux et touchent un grand nombre de personnes, avec de nombreuses nouvelles infections.

Voici quelques statistiques données par l'OMS, bon à rappeler:

"• On estime que, chaque année, 357 millions de personnes contractent l’une des quatre IST suivantes : chlamydiose, gonorrhée, syphilis ou trichomonase.
• Plus de 500 millions de personnes sont atteintes du virus responsable de l’herpès génital (HSV2).
• Plus de 290 millions de femmes souffrent d’une infection à papillomavirus humain (VPH).
• Dans la majorité des cas, les infections sexuellement transmissibles sont asymptomatiques ou s’accompagnent de symptômes bénins qui ne sont pas reconnus comme ceux d’une IST.
• Les infections comme l’herpès génital (HSV de type 2) et la syphilis augmentent le risque de contracter le VIH.
• Plus de 900 000 femmes enceintes ont été infectées par la syphilis en 2012 ce qui a provoqué des complications dans 350 000 cas pouvant aller jusqu’à des mortnaissances.
• Dans certains cas, les IST peuvent avoir de graves conséquences sur la santé reproductive allant au-delà des conséquences immédiates, telles que la stérilité, ou la transmission des infections de la mère à l’enfant."

De terribles chiffres, sachant que dans la plupart des cas on peut éviter ces contaminations, en ayant des rapports sexuels protégés avec des partenaires dont on ignore l'état de santé, en étant vacciné contre les deux infections non curables pour lesquelles on dispose de vaccins: l’hépatite B (incurable) et l’infection à VPH.

Comme le rappelle l'OMS, "le vaccin contre l’hépatite B figure dans les programmes de vaccination du nourrisson de 93% des pays. Il a déjà permis d’éviter quelque 1,3 million de décès imputables à une maladie chronique du foie ou au cancer."

Manque de moyens pour l'éducation sexuelle et la prévention des IST, tabous, manque d'informations, dépistage lacunaire, vaccinations insuffisantes, ignorance de l'état de santé du partenaire - à qui on n'ose pas demander s'il est porteur d'une IST - sont quelques unes des raisons de cet état de fait.

Pour en savoir plus, consultez le site de l'OMS consacré aux infections sexuellement transmissibles, et renseignez-vous auprès de votre médecin traitant et/ou – pour les jeunes filles et femmes – de votre gynécologue.

Ellen Weigand
Sources: site de l'OFSP, site de l'OMS.

Sur le même sujet, lisez également l'article "L'amour aux temps du Covid-19" sur Slate.fr

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Chacun doit pouvoir choisir sa contraception

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SANTÉ SEXUELLE SUISSE a rendu rend public le rapport du projet et lancé un spot vidéo à l'occasion de la Journée mondiale de la contraception du 26 septembre. SSCH appelle les politiques à agir : tout le monde, y compris les personnes avec peu de moyens, devrait pouvoir décider librement de sa contraception.
Source: YouTube SSCH, 22.09.2020
Communiqué de presse de SSCH


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Homepage InterActif.ch - capture d'écran
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07/10/2020 – Créée le 26 octobre 2017, InterAction est une association suisse ouverte "à tout le monde (intersexe, en questionnement, parent-e-s, ami-e-s, allié-e-s)."

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